Archives mensuelles : janvier 2008

L’homéopathie: une médecine hors-la-loi

Des locaux préfabriqués dans un décor en ruines : bienvenue dans le Diplôme Universitaire du Dr Allier, seule formation validante d’homéopathie en France. Ils sont une petite quarantaine à se réunir un week-end par mois à Bobigny, dans les amphithéâtres B1 et B2 de la Faculté de médecine de Paris 13. Tous les étudiants, ou presque, sont médecins. Généralistes pour la plupart. S’ils sont là, c’est parce qu’ils sont convaincus de l’efficacité de l’homéopathie, cette « arme thérapeutique » complémentaire de l’allopathie. Une conviction typiquement française. C’est après tout en France qu’Hahnemann, père allemand de cette méthode controversée, a choisi de finir sa carrière et de répandre sa doctrine. Et c’est en France, au cimetière du Père-Lachaise, que repose sa dépouille.


Les petites granules à bas prix ont la cote dans l’Hexagone, premier marché mondial de l’homéopathie. Et le statut qui va avec. Inscrits à la pharmacopée depuis 1992, la plupart des remèdes homéopathiques ont leur place dans le Vidal, Bible des médecins et pharmaciens. Et l’exercice médical de l’homéopathie est reconnu depuis 1997 par le Conseil de l’Ordre des médecins. Du coup, se faire prescrire et rembourser des remèdes homéopathiques est une pratique des plus courantes.


Depuis 1984 et la publication par Georgina Dufoix, alors ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, d’un arrêté autorisant le remboursement des préparations homéopathiques, celles-ci sont prises en charge par la Sécurité sociale. Au même titre que tout médicament traditionnel. Et pourtant, les préparations homéopathiques ne sont pas des remèdes tout à fait comme les autres. Si le Code de la santé publique définit comme médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives, alors pas de doute, juridiquement, les préparations homéopathiques en sont bien. Mais c’est d’un point de vue scientifique que les choses se compliquent. En cause : les principes de fabrication de l’homéopathie. Cette médecine repose en effet sur quatre principes que sont la similitude, les hautes dilutions, la dynamisation et la personnalisation. Des principes qui, selon François Chast, chef du service de pharmacie, pharmacologie, et toxicologie de l’hôpital parisien l’Hôtel-Dieu, n’ont « aucun support scientifique ».


Chargé en 2004 par l’Académie de Pharmacie de mener une réflexion sur l’efficacité de l’homéopathie, François Chast se qualifie aujourd’hui d’« homéopathologue », néologisme doucement ironique dans la bouche d’un homme qui ne croit pas en l’efficacité de cette médecine dite alternative. Et surtout pas en sa scientificité. « Si les essais cliniques réalisés par des homéopathes sont nombreux, ils sont entachés de biais méthodologiques qui compromettent la lisibilité et la validité de leurs résultats », estime-t-il. Car comme il l’explique très clairement, ces praticiens réfutent la méthodologie des essais conventionnels pour l’étude de leurs médicaments. Elle serait contraire, selon eux, à la philosophie de l’homéopathie, fondée sur la personnalisation.


Pour un homéopathe, soigner n’est pas considérer le seul symptôme, mais l’individu dans son ensemble, pour reconnaître son « terrain ». Autrement dit, son tempérament homéopathique. En dépendra son traitement, individualisé. « Les critères utilisés pour définir les terrains sont quasi hippocratiques : les homéopathes parlent de malades bilieux, colérique, etc. C’est une façon pour le moins ésotérique, et peu cartésienne, de pratiquer la médecine » raconte François Chast. Mais pour le docteur Allier, l’approche homéopathique est conceptuelle, et correspond bien à la définition de la santé donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « un équilibre physique, social et mental, et non pas seulement le silence des symptômes. » Une approche qu’élèves et professeurs confondus pensent complémentaire de celle de la médecine traditionnelle. Et qui semble justifier le statut à part de l’homéopathie, hors du droit commun qui régit toute l’industrie pharmaceutique.


La réglementation française impose que l’efficacité d’un médicament soit prouvée par des essais cliniques en double-aveugle pour obtenir une Autorisation de mise sur le marché (AMM) de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Pour un médicament anti-diabétique par exemple, un tel essai consisterait à sélectionner 1000 personnes diabétiques, et à comparer l’effet du médicament testé entre les 500 personnes l’ayant pris, et les 500 autres ayant pris son placebo. Mais pour les homéopathes, un tel exercice est impossible puisque la notion de terrain empêche de traiter deux patients de la même façon. Si donc des études sont publiées dans des revues d’homéopathie, avec parfois des résultats positifs, la manière dont elles sont réalisées ne donne pas de preuves de leur reproductibilité. À l’issue de son étude sur la valeur thérapeutique de l’homéopathie, François Chast est catégorique: « Le bon millier de publications réalisées ces dix dernières années dans des revues à comité de lecture continuent, inlassablement, de déboucher sur des résultats inconstants, parfois significatifs mais sans jamais être reproductibles par un autre chercheur ».

Comment alors expliquer que les médicaments homéopathiques reçoivent une AMM ? Deux mots : l’exception juridique. En effet, le code de la santé publique stipule que le dossier d’AMM pour un produit homéopathique est adapté « compte tenu de la spécificité du médicament homéopathique et d’un usage lié à la tradition ». C’est ainsi que le demandeur est dispensé de produire des essais pharmacologiques, toxicologiques et cliniques pour son remède homéopathique.


Et une fois l’AMM obtenue, l’exception continue, jusque dans la décision de remboursement de ces produits, qui se fait de manière automatique. « Sans autre forme de procès », souligne Claire Lejeunne, vice-présidente de la Commission interministérielle de transparence, groupe dépendant de la Haute Autorité de Santé, et qui a pour mission d’évaluer le service médical rendu (SMR) des médicaments. De cette évaluation dépend leur niveau de remboursement par la Sécurité sociale. Originellement remboursée à hauteur de 65% (ce qui correspond à un SMR important), l’homéopathie est passée à un taux de remboursement de 35% en 2003 (ce qui correspond à un SMR modéré ou faible), à l’initiative de Jean-François Mattei, alors ministre de la Santé. Le résultat d’une réévaluation des produits homéopathiques ? Certainement pas. Comme le confirme Claire Lejeunne, jamais l’homéopathie n’a été évaluée par la Commission de Transparence. Une dérogation jugée anormale par la Commission, qui a déjà voté deux fois à l’unanimité en faveur du déremboursement de l’homéopathie. « C’est bien simple. Si on nous demandait de nous pencher sur le cas de l’homéopathie, on déterminerait un service médical rendu insuffisant » affirme Claire Lejeunne. D’où une question posée de manière incisive par l’Académie nationale de médecine en 2004 : faut-il continuer à rembourser les préparations homéopathiques en France ? Sans suite de la part des autorités gouvernementales.


Dans un environnement européen où les uns, majoritaires, ne remboursent pas ce type de préparations, et où la tendance est au déremboursement pour les autres, la spécificité française ne semble pas perturber les pouvoirs publics. Dans le domaine de l’homéopathie, les ministres de la Santé se succèdent et se ressemblent. En 2004, Philippe Douste-Blazy reste sourd à l’appel au déremboursement lancé par l’Académie nationale de médecine. Renvoyant la tâche de juger de son bien-fondé à la Haute Autorité de Santé, mise en place au 1er janvier 2005. Autorité qui ne sera finalement jamais saisie de cette mission. Et deux ans plus tard, Xavier Bertrand déclare : « Tant que je serai Ministre, on ne touchera pas à l’homéopathie ».


Pourtant, les nécessités d’économie dans le domaine de la santé avaient poussé les pouvoirs publics à lancer la révision de près de 200 médicaments remboursés malgré un SMR insuffisant entre 1997 et 2001. Une campagne qui a notamment mené au déremboursement définitif des vénotoniques, médicaments pour soulager les jambes lourdes, au 1er janvier 2008. Mais l’homéopathie a échappé à ce mouvement. Démontrant que dans le système de santé français, il existe « deux poids deux mesures », selon les mots de Claire Lejeunne.


Mais pour Claude Le Pen, économiste de la santé à l’université Paris Dauphine, la raison à cela est simple : « L’enjeu n’en vaut pas la chandelle ». En effet, le remboursement des produits homéopathiques, de l’ordre de 150 millions d’euros par an, ne représente qu’un pour cent du remboursement des médicaments par la Sécurité Sociale. « Peanuts », selon l’expression triviale de l’économiste. « Une petite goutte d’eau dans le déficit de l’Assurance Maladie » comme le disait Philippe Douste-Blazy en 2004. C’est sûr, l’homéopathie ne coûte pas cher. Et à côté de ça, la France reste l’un des rares pays où l’homéopathie est une tradition, avec un laboratoire -Boiron – qui est le leader mondial dans le domaine. « Je comprends les ministres. Pourquoi aller soulever des problèmes alors que l’économie réalisée par la Sécurité Sociale serait très faible ? », s’interroge l’économiste. Pour lui, si cette situation peut être jugée scandaleuse d’un point de vue légal, elle est très justifiée d’un point de vue politique. En dépend l’intérêt d’une firme qui emploie quelque 2700 individus en France.

Mais aussi le maintien d’une certaine paix sociale. Force est de constater que les réseaux d’associations de médecins homéopathes et de patients qui se soignent à l’homéopathie sont très puissants en France. En 2004, suite à la publication du rapport de l’Académie de Médecine appelant au déremboursement des produits homéopathiques, une pétition de soutien à l’homéopathie circule dans toute la France et recueille quelque 680 000 signatures. Et l’association Homéopathes Sans Frontières, qui entend apporter dans des pays en voie de développement les soins homéopathiques, « 5 à 20 fois moins cher que les médicaments classiques », est soutenue par des grands noms de la scène française comme Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Renaud ou encore Alain Souchon, son parrain officiel.

Pourtant, l’homéopathie pourrait bien être actuellement dans l’antichambre du déremboursement. Le projet de franchise de 0,50 euro par médicament annoncé en juillet 2007 par le ministère de la Santé, pourrait en effet précipiter un déremboursement des granules. D’ailleurs les laboratoires Boiron s’en inquiètent. Car la franchise, du fait du faible coût des produits homéopathiques, pourrait faire passer leur taux de remboursement de l’actuel 35% à un faible 8%. Une manière progressive et discrète de faire rentrer dans le droit une médecine hors-la-loi ? Peut-être, mais quoi qu’il en soit, d’après Claude Le Pen, cela ne changera rien à la popularité des remèdes homéopathiques en France. « Consommer de l’homéopathie est avant tout un acte militant, le remboursement n’a rien à voir là-dedans ».

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« Ce n’est pas encore la fin de Chavez »

Frédérique Langue
Le 2 décembre, 50,7% des votants vénézuéliens ont désavoué le projet de réforme constitutionnelle d’Hugo Chavez. En neuf ans de présidence, il s’agit là du premier échec dans les urnes du chef d’Etat vénézuélien. Eclairage avec Frédérique Langue, chercheur au CNRS.


Quelle lecture politique peut-on faire de ce revers électoral?


Je souscris à ce mot de « revers » car il ne faut pas surestimer la défaite d’Hugo Chavez. C’est ce que les médias ont eu tendance à faire, évoquant une « catastrophe », ou un « séisme ». Une telle interprétation n’a aucun sens car cette consultation n’avait pas d’enjeu politique véritable. Chavez avait fait de ce référendum un plébiscite, et en ce sens il constituait un enjeu personnel certain, mais rien de plus. Avec ou sans l’approbation populaire, Hugo Chavez pourra mener à son terme sa réforme constitutionnelle, et ce pour deux raisons très simples. Tout d’abord, il restera au pouvoir jusqu’en 2013. D’autre part, l’Assemblée nationale, d’où l’opposition est absente du fait de son boycottage d’élections législatives jugées frauduleuses, lui a conféré les pleins pouvoirs au début de l’année.


Chavez va-t-il donc imposer sa réforme malgré cet échec ?

Avec une Assemblée nationale Roja Rojita, Hugo Chavez peut faire ce qu’il veut, et il continuera sans aucun doute sa réforme. Il n’y a que trois points qu’il ne pourra pas régler rapidement compte tenu de ce camouflet : sa réélection indéfinie, le contrôle de la Banque centrale, et son projet de prolongation du délai de suspension des garanties institutionnelles en cas de situation grave pour le pays. Mais ce sont bien les trois seuls points sur lesquels il va enregistrer du retard quant à son projet global d’instauration du socialisme du 21ème siècle.


Comment interpréter le fort taux d’abstention observé lors de ce référendum?

Ce n’est pas tant le taux d’abstention, que sa sociologie, qui est la grande nouveauté de ce scrutin. L’abstention a été substantielle, de l’ordre de 44%, mais il faut savoir qu’il y a au Vénézuéla une abstention structurelle supérieure à 30% depuis les années 1990. Cette fois-ci en revanche, l’abstention, qui est normalement l’apanage de l’opposition, s’est déplacée vers des partisans de Chavez, que l’on pourrait qualifier de « chavistes critiques ». Lorsqu’il a reconnu son revers, Chavez a déclaré que les abstentionnistes n’avaient pas voté contre lui. Et je crois qu’il a tout à fait raison sur ce point. Une partie de l’électorat chaviste a des doutes. Mais ce serait un contresens de dire qu’il s’agit là d’une victoire de l’opposition.

Chavez avait-il dès lors raison de qualifier ces résultats de « victoire de merde » pour l’opposition ?


Evidemment, je ne m’exprimerais pas en ces termes. Cependant, à l’instar de Chavez, je ne considère pas que ces résultats témoignent d’une victoire de l’opposition. Il faut voir la réalité en face. Celle-ci est toujours sans leader, inexistante, impuissante. En bref, sauf rares exceptions, elle n’a toujours rien compris. Les seuls réels acteurs politiques en dehors du spectre du chavisme sont le mouvement étudiant et l’armée, qui reste fortement constitutionnaliste. Et la mouvance estudiantine renvoie à l’inefficacité de l’opposition. Pourquoi des jeunes d’une vingtaine d’années ont-ils réussi à se poser en interlocuteurs du chef de l’Etat et de son gouvernement quand, dans le camp d’en face, des gens soit-disant préparés du point de vue politique et académique n’ont pas été capables de jouer le même rôle ?

Ce n’est donc pas la fin du chavisme…

Pas à court terme. Hugo Chavez est un leader charismatique et un stratège. Une partie de son électorat n’est pas convaincue, mais il conserve un noyau extrêmement important de partisans. Ce n’est pas encore la fin de Chavez. D’autant moins que les résultats de ce référendum redorent son image à l’international, et cassent l’un des principaux arguments de l’opposition, qui hurle au dictateur depuis des années. On n’a jamais vu un dictateur accepter un revers électoral de la sorte. S’il est indéniable qu’il existe une dérive autoritaire dans le régime chaviste, je ne pense pas qu’on puisse le qualifier de dictature, et ce référendum le confirme.

“I am a Chinese from China living in Paris, not a Chinese from the 13th district”

November 8th 2007

Wearing jeans and a black turtleneck, Cai Chongguo receives with self-assurance and a laid-back attitude in his smoke-filled studio in the 15th district of Paris. Chinese posters on his front door hide an uncluttered interior, with a few books strewn on a rudimentary writing desk. Since his arrival in France, on July 14th 1989, he has “always lived there”. And purposely not in the Chinese district. “I am a Chinese from China living in Paris, not a Chinese from the 13th district ». Exiled in France since the tragic events of Tian An Men Square, this garrulous Chinese dissident from Wuhan is unfailing, not ashamed to display the weakness of his French to whoever expresses some interest about his experience.

He remembers becoming a dissident in the 1970s, when he was about 18. “My 18th birthday was unforgettable for two reasons. First, I became member of Communist Party, and second, I became intellectually independent, because I start criticizing politics of government in my notebook”. A contradiction that he entirely assumes. “Adhere Communist Party was never a question of ideology. It was rare opportunity of upward mobility”. His love of philosophy and his critical thinking never prevented him from being a pragmatic. Neither in China, nor in France.

In May 1989, when he joined the student movement of Tian An Men as a philosophy teacher at Wuhan University, he strongly believed in the possibility of the so-called “Beijing Spring” to give birth to a larger movement of democratization. But when he witnessed the brutal repression of the movement in Beijing, he immediately convened local students of his hometown, to convince them to stop occupying the central plaza. “Go back home, I told them”. That very meeting cost him his right to remain on the Chinese soil. And compelled him to leave his family behind, including his two-year-old son. Now, his commitment as a dissident in exile rests upon similar pragmatic principles. “There are two ways to criticize, I advocate concrete and pragmatic one, not ideological one”. Hence the moderation of his political discourse. “For me, most important is social democracy. And its pillar is independent trade union. Political democracy will follow.”

No way Chongguo would make his the word of his friend and sinologist Marie Holzman, according to which exile is “a violation of humanity”. “I don’t blame life. I am opposed to determinism and fatalism.” If his low command of French is on its own a symptom of the dissident’s isolation, he refuses to use such a word. “My curiosity helped me a lot, because I look at present and future. I am not locked in past like other dissidents in exile”. He indeed keeps his life very busy, working for China Labour Bulletin, an online newspaper which aims at informing Chinese workers about their rights, speaking regularly on the Chinese sections of international radios, writing his blog, etc. When asked how he would define himself, he advances a timid “somebody who is interested in philosophy”, and lengthily thinks before adding: “A committed dissident”. No reference whatsoever to his statelessness.

“Thanks to my work, I am permanently between two worlds. I am very Chinese, and very much French too”. Without apparent tugging. “On the contrary” he strongly asserts. “I don’t believe in social conventions. You can be more Chinese than a Chinese in China, and at the same time more French than a French”. That is at least the kind of language he repeats to his 20 years-old son, who joined him in France five years ago.

But his statute of exile is never far. When asked if he would support a boycott of the Olympics in China, he answers: “I hesitate, I always hesitate.” Just before adding in the same blow: “I live perpetually in uncertainty. Life in exile is like that”. If returning to continental China is still not an option for him, Cai Chongguo is considering moving to Hong Kong. “But to return to China, I must try to become French first”. A sad irony that makes him laugh.

Economic growth and the Rugby World Cup

October 18th 2007

It is 6 o’clock on Saturday October 13th in Paris. The semi-final rugby match opposing France and England is not to start in the next three hours. Yet, cars on the Boulevard Saint-Germain toot proudly, and smiling people start gathering in pubs where giant screens have been put in place to observe France’ bout. Inside the Wos bar, on Saint-Jacques street, beer orders seem never to stop, compelling the waitress to bring six by six the pints onto the tables. And as time goes on, the general euphoria exponentially increases.

Since France’s victory against the legendary All Blacks a week earlier, confidence has been boosted, bringing economists to once again raise the question of the correlation between sportive victories and economic growth. The so-called “World Cup Effect”gained some legitimacy after the 1998 Soccer World Cup. That very year, French growth had indeed reached 3.5%.

As the organizer, France already harvested economic benefits from the Rugby World Cup. Tourism was the domain where the “World Cup effect” was the most notable. Airports of Paris (ADP) underwent an increase of 5.4% in air traffic this September, compared to the same month in 2006. The competition also triggered an increase in French household’s immediate consumption. A document published in April by the European Chair of Sportive Marketing at the Essec (French Business Graduate School) forecast four milliard euros of direct receipts, through fans’ expenses, tickets, by-products, etc. A poll made just before the launching of the World Cup also revealed that hotels, restaurants, nightclubs and bars expected 10% of supplementary revenues during the World Cup, counting both on the fact that France was hosting the event, and on the enthusiasm and confidence generated by a nice performance of “Les Bleus”.

Will then the French defeat against England have a negative impact on national economic growth? “The week following the match opposing France and Argentina, we received almost no customers. And after tonight’s defeat, it will be the same. This will obviously have a direct effect on business, since the euphoria that characterized the past few months will relapse all of the sudden” explains Pierre Louvrier, owner of the Wos. And indeed, on the following Sunday morning, the atmosphere was rather gloomy in Parisian streets. “While strolling in the neighbourhood, I noticed that boldness had fallen,” comments Nicolas Laurent-Bonne, a 21-year-old law student. Certainly for real rugby lovers, this defeat will not kill joy. “We were in the doldrums right after France’s defeat, but we continued playing for an hour and a half”, narrates Sylvain Baratte, saxophonist in the Banda Kalimucho, which followed the French rugby team during the whole tournament. “A rugby match is festal, nothing can destroy our moral ». But French are not all rugby addicts.

And in any case, the question remains if the observed increase in household’s consumption could really have remained relevant in the long run, had France won the semi-final. In 1998, the World Cup Effect had not lasted for more than three months. And could the impact of the Rugby World Cup be as important as the soccer one? According to many economists, rugby remains less popular than soccer. Mihai, a 27-years-old intern in surgery in Paris, agrees on that point: “France doesn’t have the culture of rugby, it has the soccer culture. I think the euphoria you could observe was only transient, so defeat or victory, it couldn’t have influenced French economy that much.”